Sunnyvale, le 2 août, 2009
Cher Monsieur Petit,
Tel un père qui vit loin de son fils n'a d'occasion de connaître ses petits-enfants, vous êtes un père qui vit loin de Rodolphe et ne connaissez vos petits-élèves.
Je vais donc me présenter: Cher grand-maître, je suis une de vos petits-disciples.
Je suis une élève de Rodolphe, qui me transmet l'art de la danse classique qu'il a hérité de vous.
Chaque fois que je regarde une danse de vous, je vois une image de Rodolphe. Dix-neuf ans après avoir quitte' votre compagnie, Rodolphe garde encore sur lui votre signature. Ses mouvements, son style sont ceux que je vois dans vos oeuvres. Et même s'il a dansé pendant quinze ans dans des compagnies américaines, son style est resté typiquement français, et particulièrement Roland Petit.
Et moi, j'ose espérer que dans le futur lorsque les gens me verraient danser, ils reconnaîtraient sur moi non seulement la signature de Rodolphe, mais aussi la votre. Puisque tout ce que Rodolphe essaie de me transmettre, je les trouve dans vos ballets: la fluidité des bras, les oppositions exagérées, le regard intense, ...
Et a la fin des cours quand Rodolphe s'incline devant ses élèves avec respect et amour, je pense a l'image de vous que je vois a la fin des spectacles: vous saluer vos danseurs avec tant d'humilité et de reconnaissance, j'en reste émue chaque fois et encore.
En ce moment j'aide Rodolphe a monter son école de danse. Ce n'est pas tous les jours facile. Parfois je doute, parfois j'ai peur. Mais il me suffit de penser a vous, a Daniel Franck, Serge Golovine - a mes grands-maîtres, et je me sens armée de courage pour continuer. Je suis persuadée que vous m'auriez approuvée dans mes efforts. Je suis sure que vous diriez: "Tu as raison d'aider Rodolphe, il possède tout ce qu'il faut pour transmette l'art du ballet français aux États Unis."
Je vous suis infiniment reconnaissante d'avoir fait de Rodolphe le beau et solide danseur qu'il est devenu. Je bénéficie pleinement de ses enseignements, qui sont aussi les vôtres.
votre petite-disciple,
Hao Bach-Thai Lueckhoff
Cassand Ballet School & Company
Translation:
Sunnyvale, August 2nd, 2009
Dear Monsieur Petit,
Much like a father who lives away from his son may not have the chance to know his grand-children, you live away from Rodolphe and do not get to know your grand-students.
Then I shall introduce myself: Dear grand-master, I am one of your grand-disciples.
I am a student of Rodolphe, who has been handing down to me the art of ballet he has inherited from you.
Every time I watch your choreography, I see a picture of Rodolphe. Nineteen years after leaving your company, Rodolphe still carries your signature on him. His moves and his style are those I see in your works. And, although he has danced with world wide companies for fifteen years, his style has stayed typically French, and particularly Roland Petit.
I dare hope that in the future when people see me dance, they would recognize on me not only Rodolphe’s signature, but also yours. Because, all that Rodolphe has been trying to transmit to me, I find them in your ballets: the fluidity of the arms, the exaggerated oppositions, the intense look, …
And at end of class when Rodolphe bows to his students with respect and love, I think of your image at performances' end: you bow to your dancers with such humility and gratitude, and I am deeply moved times and again.
Presently I am helping Rodolphe build his ballet school. It is not always easy. Sometimes I have doubts, sometimes I have fears. But it would suffice for me to think of you, of Daniel Frank and Serge Golovine - my grand-masters, and I am renewed with courage. I am certain you would approve my efforts. I am sure you would say: “You are right to help Rodolphe, he possesses all that's needed to transmit the French art of ballet in America.”
I am immensely grateful to you for having modeled Rodolphe into a beautiful and solid dancer that he has become: I fully benefit from his teachings, which are also yours.
Your grand-disciple,
Hao Bach-Thai Lueckhoff
Cassand Ballet School & Company